La contrefaçon : un mal qui ronge l’économie française

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Passage aux frontières

Vêtements, chaussures, téléphones portables, jouets, médicaments, etc. Le phénomène de la contrefaçon affecte tous les secteurs. Ce marché est évalué à 7,3 milliards d’euros par an en France, soit 0,3% du PIB du pays, selon un rapport du Centre de recherche économique et des affaires (Cerb). Sans grande surprise, la Chine reste la principale zone de production et d’exportation des produits contrefaits. Eclairage !

Un manque à gagner de 200 millions d’euros pour l’Etat

Le marché de la contrefaçon ne connaît pas la crise et affiche même une croissance soutenue. Malgré leur qualité médiocre, leur manque de fiabilité et de sécurité et les risques sanitaires élevés qu’ils peuvent causer, ces produits parviennent néanmoins à trouver leur chemin vers les marchés du monde entier, et pour cause. Les nouvelles technologies et le libre-échange ont rendu compliqué tout suivi ou interception des exportations et de la distribution de produits contrefaits, selon un rapport réalisé par le Centre de recherche économique et des affaires (Cerb). La France n’est bien évidemment pas épargnée de ce fléau qui plane sur l’économie et l’emploi dans le pays. En 2016, la douane en France a saisi plus de 9,24 millions de produits contrefaits, soit le double du chiffre enregistré en 2012. Ce marché est estimé à 7,3 milliards d’euros par an en France, soit 0,3% du PIB national, tandis qu’à l’échelle mondiale, il équivaut à 534 milliards de dollars. La contrefaçon donne un coup dur aux ventes des entreprises dont les produits sont systématiquement copiés, mais pas que. Ce phénomène échappe au marché légal et donc au fisc, ce qui se traduit par un manque à gagner pour les caisses de l’Etat estimé à 200 millions d’euros. Les pays du G20 perdent chaque année 62 milliards de dollars de recettes fiscales à cause de la contrefaçon.

La contrefaçon détruit 26.300 emplois par an en France

La Chine reste le principal pays producteur et exportateur de produits contrefaits et accapare à elle seule 80% des saisies aux frontières de l’Europe. Mais si des millions de personnes en Chine vivent grâce à la contrefaçon, l’autre revers de la médaille montre que ce phénomène détruit 26.300 emplois en France chaque année, souligne le Cerb dans son rapport. Parmi les secteurs les plus touchés, on citera les vêtements, les jouets, les téléphones portables, les chaussures ou encore les accessoires de mode. Le manque à gagner pour les entreprises françaises est évalué à plus de six milliards d’euros.  Du simple bomber kaki homme aux lunettes de soleil, en passant par les montres et les bijoux, les consommateurs en quête de belles occasions et de prix alléchants risquent gros en se laissant tenter par un article contrefait. Au-delà des critères de qualité, de fiabilité et de sécurité que les produits de contrefaçon ne respectent pas, il est à noter que la détention d’un produit contrefait est un délit puni d’une amende comprise entre une et deux fois la valeur de l’objet contrefait, ce qui peut facilement atteindre des sommets dans le cas d’une copie d’une marque de luxe. Ce délit est notamment passible d’une peine de prison qui peut aller jusqu’à 3 ans maximum en cas notamment de trafic organisé.

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