La reconversion des sportifs : le grand défi de l’après-carrière

11
vues
reconversion sportif

Les sportifs de haut niveau ne sont pas tous armés pour affronter l’après-carrière. Si leurs performances sur les terrains, les rings, la mer ou les airs influent directement leur reconversion, d’autres paramètres en jeu comme la popularité du sport, la médiatisation du sportif et parfois même le sexe, malheureusement. Si certains réussissent à sortir leur épingle du jeu en écumant les plateaux de télévision en qualité de consultant, en enchaînant les best-sellers ou encore en coachant des jeunes, d’autres trouvent toutes les difficultés du monde à « se recycler » après les belles années. Eclairage…

La reconversion boudée par les jeunes sportifs

« La reconversion d’un sportif de haut niveau doit être pensée le plus tôt possible, même si les choix de formation que l’on fait à 18 ans ne sont pas forcément les mêmes que les envies de fin de carrière », explique Bruno Martini, ancien gardien de l’équipe de France de handball reconverti aujourd’hui en manager général du Paris Handball. Pour établir des ponts entre le sport et le monde de l’entreprise, la médiatisation est un atout indéniable. Pourtant, les valeurs véhiculées par le sport sont particulièrement prisées par les managers : goût du challenge, combativité, performance… Sur le terrain, le discours de la reconversion des sportifs qui se prépare en amont ne semble pas passer chez les jeunes. « Aujourd’hui, un jeune footballeur de 15-16 ans en centre de formation gagne déjà 500 à 600 € par mois et devient professionnel dès 18 ans, avec un beau salaire », explique Sébastien Pampanay, directeur de l’Ecole des Métiers du Sport Professionnel. « Après ça, allez leur demander de passer le bac ! », renchérit Thierry Maudet, directeur général de l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP).

Des sacrifices pour amorcer l’après-carrière

Il semblerait que l’importance des revenus perçus au cours de la carrière influe sur la réussite de l’après-carrière, mais pas dans la manière que l’on croit. En effet, des sports moins médiatisés et moins concernés par les revenus précoces et conséquents comme le volleyball semblent plus réceptifs à la reconversion des sportifs. Les jeunes gardent la tête sur les épaules et ne perdent pas de vue leur après-carrière. « Les clubs sont en train de comprendre qu’ils ont une responsabilité sociétale quant à l’accompagnement post-professionnel de leurs joueurs », ajoute Bruno Martini. Seulement voilà, pour entamer sa reconversion au début de la trentaine, il faut faire des sacrifices sur les entrainements… ce que les clubs ne peuvent concevoir. Bruno Martini a ainsi dû changer de clubs deux fois dans la saison avant de trouver à Nice un cadre plus flexible pour passer ses diplômes de manager sportif…